Panorama de l'oasis de Siwa avec palmeraies et lacs salés dans le désert occidental égyptien
Oasis 4.7/5

Oasis de Siwa

Oasis berbère reculée au cœur du désert occidental, célèbre pour le temple de l'oracle d'Amon, la forteresse de Shali, les lacs salés et une culture millénaire unique en Égypte.

L'oasis de Siwa : le joyau caché du désert occidental

L'oasis de Siwa représente l'un des lieux les plus fascinants et mystérieux de toute l'Égypte. Située à environ 560 kilomètres à l'ouest du Caire et à seulement 50 kilomètres de la frontière libyenne, cette oasis reculée est une île de verdure luxuriante au cœur du désert occidental. Avec ses palmeraies infinies, ses lacs salés scintillants et une culture berbère unique qui résiste depuis des millénaires, Siwa offre une expérience de voyage radicalement différente par rapport aux destinations touristiques égyptiennes classiques le long du Nil.

La dépression de Siwa s'étend sur environ 80 kilomètres de longueur et 20 de largeur, située à 18 mètres sous le niveau de la mer. Cette position géographique particulière, alimentée par plus de 200 sources naturelles, a permis la naissance d'une oasis luxuriante qui compte aujourd'hui environ 300 000 palmiers dattiers et 70 000 oliviers. La population, qui dépasse de peu les 30 000 habitants, est composée en grande partie de Siwani, un peuple d'origine berbère qui maintient vivante sa propre langue, le siwi, ainsi que les traditions et coutumes ancestrales.

Histoire millénaire de l'oasis

Des origines à l'époque pharaonique

Les premiers témoignages d'établissement humain dans la zone de Siwa remontent au Paléolithique, comme le démontrent les découvertes d'outils en pierre dans les zones environnantes. Toutefois, l'histoire documentée de l'oasis commence avec la XXVIe dynastie égyptienne (664-525 av. J.-C.), lorsque fut construit le temple de l'oracle d'Amon sur la colline d'Aghurmi. Ce sanctuaire devint rapidement l'un des oracles les plus célèbres du monde antique, consulté par des pharaons, des chefs de guerre et des pèlerins provenant de toute la Méditerranée.

Le moment le plus célèbre dans l'histoire de l'oracle fut la visite d'Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., après sa conquête de l'Égypte. Le jeune conquérant macédonien traversa le désert pendant huit jours, risquant la mort par la soif, afin d'atteindre Siwa et de consulter l'oracle. Selon les sources antiques, les prêtres l'accueillirent comme « fils d'Amon-Râ », légitimant ainsi sa domination sur l'Égypte et, symboliquement, sur l'ensemble du monde connu. Cette investiture divine influença profondément la perception qu'Alexandre avait de lui-même et sa politique envers les peuples orientaux.

L'époque médiévale et la forteresse de Shali

En 1203 apr. J.-C., les habitants de l'oasis construisirent la forteresse de Shali, une citadelle compacte édifiée avec le kershef, un matériau de construction local composé de sel, d'argile et de sable. Cette imposante structure, qui s'élevait sur une colline naturelle, servait à protéger la population des incursions des tribus bédouines du désert. Pendant des siècles, tous les habitants de Siwa vécurent à l'intérieur des murs de Shali, qui croissait vers le haut à mesure que de nouvelles habitations étaient construites au-dessus des plus anciennes.

En 1926, trois jours de pluies torrentielles exceptionnelles causèrent l'effondrement d'une grande partie de la forteresse, car le kershef est extrêmement vulnérable à l'eau. Les habitants furent contraints d'abandonner Shali et de se transférer dans les zones environnantes. Aujourd'hui les ruines de la forteresse, avec leurs formes organiques et les couleurs chaudes de l'argile, représentent le symbole iconique de Siwa et l'une des attractions les plus photographiées de l'oasis.

Les trésors naturels de Siwa

Les lacs salés

Siwa est entourée de nombreux lacs salés, le plus grand desquels est le Birket Siwa, qui s'étend sur plusieurs kilomètres carrés. Ces miroirs d'eau, dont la salinité dépasse celle de la mer Morte, offrent des décors d'une beauté extraordinaire, surtout au coucher du soleil lorsque les eaux prennent des tonalités dorées et rosées. Il est possible de flotter sans effort dans leur eau hypersaline, une expérience comparable seulement avec celle de la mer Morte en Jordanie.

Le lac Fetnas, situé sur l'îlot homonyme accessible à pied, est le point idéal pour admirer le coucher du soleil. La silhouette des palmiers qui se découpe contre le ciel embrasé, reflétée dans les eaux calmes du lac, compose un tableau d'une rare suggestion qui justifie à lui seul le voyage jusqu'à Siwa.

La source de Cléopâtre

La source de Cléopâtre, connue aussi sous le nom d'Ain Juba, est une piscine naturelle de forme circulaire alimentée par une source souterraine qui maintient l'eau à une température constante et agréable. Selon la légende, la reine Cléopâtre elle-même se serait baignée dans ces eaux durant une visite à l'oasis. Que l'histoire soit vraie ou non, la source est aujourd'hui un lieu de rencontre populaire tant pour les locaux que pour les touristes, une oasis dans l'oasis où se rafraîchir après les excursions dans le désert.

La Grande Mer de Sable

Au sud et à l'ouest de Siwa s'étend la Grande Mer de Sable (Great Sand Sea), l'un des plus vastes champs de dunes au monde, qui s'étend sur plus de 72 000 kilomètres carrés entre l'Égypte et la Libye. Les dunes, dont certaines dépassent 100 mètres de hauteur, se succèdent en files parallèles qui se perdent à l'horizon, créant un paysage d'une beauté hypnotique. Les excursions en tout-terrain dans la Grande Mer de Sable, avec des arrêts pour le sandboarding sur les dunes et le camping sous les étoiles, représentent l'une des expériences les plus émouvantes que Siwa puisse offrir.

Culture et traditions siwanes

La langue et la société

La communauté siwane est la seule en Égypte à parler une langue berbère, le siwi, qui témoigne des anciennes connexions avec les populations nord-africaines du Maghreb. Bien que l'arabe soit aujourd'hui compris et parlé par la majorité des habitants, le siwi reste la langue de la vie quotidienne, de la poésie et des cérémonies traditionnelles. La société siwane est organisée selon un système de clans et de traditions très enraciné, qui régit la vie communautaire, les mariages et les festivités.

Les femmes siwanes sont connues pour leurs splendides broderies et les bijoux en argent, qui constituent une partie intégrante de la tradition artisanale locale. Les couvertures, les paniers et les tissus produits dans l'oasis présentent des motifs géométriques et chromatiques uniques, différents de ceux de la tradition artisanale égyptienne du Nil.

Gastronomie locale

La cuisine siwane reflète l'isolement et l'autosuffisance de l'oasis. Les dattes, produites en plus de 30 variétés, sont l'aliment de base et sont consommées fraîches, sèches, ou transformées en sucreries et boissons. L'huile d'olive siwane, produite avec des méthodes traditionnelles, est considérée parmi les meilleures d'Égypte. Les plats typiques incluent le tahini local, le pain cuit dans le four d'argile et les soupes de légumes du potager, souvent accompagnés de thé à la menthe servi avec de généreuses quantités de sucre.

Conseils pratiques pour la visite

Comment s'y rendre

Le moyen le plus courant pour atteindre Siwa depuis Le Caire est en autobus, avec des départs quotidiens depuis la West Delta Bus Station d'Alexandrie ou depuis Le Caire. Le voyage dure environ 8-10 heures depuis Alexandrie et 11-12 heures depuis Le Caire. Il est aussi possible de louer une voiture avec chauffeur, une option plus confortable mais significativement plus coûteuse. Il n'existe pas de liaisons aériennes régulières avec Siwa, bien qu'un petit aéroport soit en phase de développement.

Où loger

Siwa offre une gamme d'hébergements qui va des simples hôtels et campings aux écolodges de luxe comme l'Adrère Amellal, construit entièrement avec des matériaux traditionnels et dépourvu d'électricité, éclairé seulement à la bougie. Cette structure, souvent citée parmi les hôtels les plus uniques au monde, offre une expérience de luxe durable en parfaite harmonie avec l'environnement environnant.

Comment se déplacer

Le moyen de transport traditionnel de Siwa est le karetta, un petit char tiré par un âne qui permet de se déplacer entre les diverses attractions à un rythme détendu. Les bicyclettes sont une alternative populaire pour explorer le centre de l'oasis et les palmeraies environnantes. Pour les excursions dans le désert et vers les lacs les plus éloignés il est nécessaire de louer un tout-terrain avec un chauffeur local.

Quand visiter

La meilleure période pour visiter Siwa va d'octobre à avril, lorsque les températures sont agréables et les journées ensoleillées. En été les températures peuvent dépasser 50°C, rendant toute activité de plein air extrêmement difficile. En octobre se tient le festival de Siwa (Siyaha), une célébration traditionnelle de trois jours durant laquelle la communauté entière se réunit pour prier, fêter et se réconcilier, une occasion unique de s'immerger dans la culture locale.

Quoi apporter

Siwa est un lieu reculé avec des services limités. Il est conseillé d'apporter suffisamment d'argent liquide (les distributeurs sont rares et pas toujours fonctionnels), des médicaments personnels, une protection solaire, un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements légers mais couvrants, par respect des traditions locales conservatrices. Une lampe torche électrique est utile pour les soirées sans éclairage public, et un bon livre pour les heures les plus chaudes de la journée, lorsque la vie dans l'oasis s'arrête.

Visiter l'oasis de Siwa signifie accomplir un voyage dans le temps, dans un lieu où le rythme de la vie est encore scandé par le lever et le coucher du soleil, où les traditions millénaires coexistent avec une nature d'une beauté extraordinaire et où l'hospitalité de ses habitants transforme chaque visiteur en hôte d'honneur. C'est une expérience qui enrichit l'âme et laisse des souvenirs indélébiles.

Monuments Associés

Contactez-nous sur WhatsApp